La consommation responsable

Notre porte-monnaie est aussi important que notre bulletin de vote. Notre manière de consommer, le choix des produits, du point de vente est un pouvoir que chaque citoyen peut exercer dans sa vie quotidienne.
C’est ce que l’on appelle l’alimentation responsable ou la consomm’action. Que faire pour devenir un consomm’acteur ?

photos avec plusieurs personnes "ESS" dans la cour

Au Treuil nous sommes persuadés que S’informer et réfléchir est un premier pas. Le monde n’est pas noir ou blanc. Vouloir manger bio pour éviter d’empoisonner la planète avec des pesticides c’est bien mais vouloir en même temps manger des tomates bio à Noël n’est pas recommandé. Encore faut-il savoir que les tomates en France ne poussent qu’en été et que celles que l’on trouve en hiver ont un bilan carbone désastreux.
Commencer par des petites choses, à notre portée, nous permet d’avancer dans la direction que nous désirons prendre. Paris ne s’est pas fait en un jour et il faut du temps pour faire évoluer ses pratiques alimentaires. L’important c’est de devenir conscient de ses choix.

Manger local

 

Si je mange local, je favorise l’économie locale et circulaire,

• Je contribue à Créer des emplois locaux

Il faut se souvenir que le nombre de paysans a été divisé par 4 depuis les années 60 . De 4 millions en 1963 ils ne sont plus que 885 400 en 2015. pour en savoir plus sur ce sujet.
Pour avoir une petite idée du nombre d’emplois locaux susceptibles d’être créés si chacun consommait prioritairement des produits locaux Terre de liens Normandie a imaginé un convertisseur alimentaire. Entrez le nom de votre ville, votre village ou votre région et il évaluera le nombre et le type d’emplois créés pour satisfaire leurs besoins. Vous serez surpris …. On estime que si on voulait relocaliser sérieusement la production agricole il faudrait créer au moins 1 million d’emplois.

• Je permets au paysan de vivre dignement de son travail

Lorsqu’on achète des pommes de terre, 50% à la grande surface et 30% à la mise en vente (transport, emballage etc.), 20% de la somme revient au paysan. Lire l’article. Plus le circuit commercial est long, plus il y a d’intermédiaires, plus les bénéfices du paysan diminuent. Pour obtenir le prix le plus bas pour le consommateur ou augmenter ses bénéfices, chaque intermédiaire tente d’obtenir du niveau inférieur le prix le plus bas possible. Le paysan se retrouve donc parfois avec un prix d’achat du produit inférieur à son coût de production. En clair, le prix payé par le grossiste ou la centrale d’achat ne lui permet pas de payer les frais occasionnés par la production du produit.

Cela s’appelle vendre à perte. Plus le paysan travaille, plus il perd d’argent ! Ce qui conduit rapidement à une situation d’endettement chronique à laquelle il est difficile d’échapper et conduit certains au désespoir. Le film Au nom de la terre avec Guillaume Canet met en évidence de cette descente aux enfers.
Une étude récente de la Mutualité sociale agricole (MSA) démontre qu’il existe une surmortalité par suicide de 12,6 % des assurés du régime agricole par rapport aux autres catégories de population. Un paysan se suicide tous les 2 jours en France. Les régions les plus touchées sont la Bretagne et Rhône-Alpes. Pour en savoir plus sur ce problème

• Je favorise la sécurité alimentaire du territoire

La sécurité alimentaire d’un territoire est assurée lorsque « tous ses habitants ont à tout moment la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active ». (1)

La crise de la COVID a permis de prendre conscience que l’impensable pouvait arriver, que les frontières pouvaient se fermer, et les camions arrêter de rouler.
« Sur 100 euros d’achat alimentaire, seul 6.5% reviennent à l’agriculture française ». (2) La part locale des produits locaux représente environ 2% de la consommation des grandes métropoles. Elles dépendent donc à 98 % de ressources extérieures à leur territoire… Les ceintures agricoles qui ceinturaient les grandes villes d’autrefois ont disparu dans les banlieues, les centres commerciaux et les lotissements.
Il n’est plus possible d’assurer la sécurité alimentaire en cas de crise.
Consommer local est une manière de soutenir le marché local et l’installation de nouveaux paysans.

  1. Les greniers d’abondance : Vers la résilience alimentaire p42
  2. Les greniers d’abondance : Vers la résilience alimentaire p37

Produits locaux et circuits courts

  • C’est quoi la différence ?

Très souvent ces deux expressions sont utilisées l’une à la place de l’autre. Or il s’agit de deux choses assez différentes.

On considère généralement qu’un « produit local » est produit près du lieu de consommation. Mais que l’on habite à la campagne ou au plein centre de Paris la distance qui sépare le lieu de production du lieu de consommation va varier de 100 mètres à 60km. Chaque organisme a donc sa propre définition. La métropole de Lyon par exemple a défini comme locaux les produits agricoles issus d’exploitations dans un rayon de 50km autour de Lyon dans le cadre de sa stratégie alimentaire.

Il n’y a donc pas de critère précis permettant de définir une distance au-delà de laquelle un produit ne pourrait plus être qualifié de local, mais la distance de 80km est parfois prise comme référence.

  • Comment savoir si un produit est local de A à Z ?

Les produits locaux sont en général des produits fermiers c’est-à-dire fabriqués sur la ferme à partir des productions de la ferme.

Attention ! S’il s’agit d’ une entreprise industrielle ou artisanale la matière première n’est pas obligatoirement locale. Se rappeler que le nom géographique indique seulement que le produit a été fabriqué dans cette zone et ne certifie en rien l’origine du produit. Un saucisson tradition ou un fromage fabriqué dans le parc du Pilat peut très bien l’être à partir de cochons bretons ou de lait allemands ou polonais. Sauf s’il possède un label AOP comme la Rigotte de Condrieu. (Se souvenir de la longue bataille entre le camembert de Normandie et le camembert fabriqué en Normandie. )

Lorsqu’on achète en circuit court, le producteur est connu, des visites sur la ferme sont parfois organisées (par les AMAP par ex) et l’origine des produits ne pose plus question.

  • Local ne signifie pas bio
    Le fait qu’un produit soit local ne renseigne pas sur la manière dont il est produit, sur la méthode de fabrication. Sachant par exemple que 50 % au moins des fraises françaises sont produites hors sol (culture hydroponique), il y presque une chance sur 2 que les fraises de votre marché si local soient cultivées hors sol. Local ne veut pas dire non plus que les produits n’ont pas été aspergés de pesticides et que le veau a été élevé sous la mère sans antibiotiques. Cela signifie seulement « près de chez vous ».

La vente directe sans intermédiaire

Les différents types de circuits courts

La vente directe à la ferme

De nombreuses fermes ont un site internet. Il est recommandé de le consulter avant de s’y rendre pour connaître les horaires d’ouverture. Dans quelques cas, cela peut être sur rendez-vous.

Certaines fermes vendent parfois des productions de fermes voisines en plus de la leur et il faut parfois passer commande préalablement.

Un bon moyen de découvrir des fermes est de participer à l’opération De ferme en ferme le dernier weekend du mois d’avril.

Les fédérations d’agriculteurs bio (Agribio) publient un guide pour les fermes en vente directe. Pour la Loire et le Rhône. Les conseils départementaux ou d’autres instances publiques font également des inventaires. Les site des produits de la ferme de la Loire référence bon nombre de producteurs. Il existe aussi des sites internet, soit locaux, soit régionaux, beaucoup trop nombreux pour être cités ici et malheureusement de qualité inégale. Mieux vaut en consulter plusieurs.

Les drives paysans

C’est le principe du drive classique ( je passe commande puis je vais récupérer mes achats) en milieu agricole. Propulsés au premier plan par la crise sanitaire du Covid pour faciliter la distribution des produits fermiers locaux. Plusieurs producteurs s’associent pour constituer un drive. Le consommateur passe commande avec les producteurs choisis et vient récupérer tous ses achats soit sur rendez-vous (heure précise un jour donné sur un lieu précis qui peut être une ferme ou pas).

Certaines fermes proches de grands centres urbains utilisent une formule mixte. Elles organisent des commandes de leurs propres produits et souvent d’autres produits fermiers directement au consommateur comme pour un drive mais organisent ensuite la livraison directement chez le consommateur. Un bon exemple : La cagette garnie

Les AMAP

Le sigle signifie : Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne.
Leur objectif : préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture durable, c’est-à-dire une agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine.
Il s’agit aussi de permettre à des consommateurs d’acheter à un prix juste des produits d’alimentation de qualité, en étant informés de leur origine et de la façon dont ils ont été produits, et de participer activement à la sauvegarde et au développement de l’activité agricole locale dans le respect d’un développement durable.

Un partenariat s’établit entre un groupe de consommateurs et des paysans de proximité. Il se formalise par un contrat dans lequel chaque consommateur achète en début de saison une part de la production (légumes, viande, fromage, oeufs, miel, farine etc …) qui lui est distribuée périodiquement à un coût constant. Le producteur s’engage à fournir des produits de qualité dans le respect de la Charte des AMAP.

Chaque semaine l’amapien vient dans un endroit donné récupérer les produits qu’il a commandé. Le nombre de producteurs varie d’une AMAP à l’autre.

Un certain nombre d’AMAP font partie d’un réseau comme le réseau de la Loire. D’autres appartiennent en plus à un réseau régional (le réseau AURA pour la région Auvergne Rhône-Alpes ) qui fait lui-même partie du MIRAMAP mouvement national des AMAP .

Pour trouver une AMAP près de chez vous

Les jardins de Cocagne

Il s’agit d’associations de réinsertion par le maraîchage biologique. Le pari des jardins de cocagne est ambitieux : il s’agit d’allier le principe de la distribution en circuit court à des clients qui sont aussi des adhérents de l’association, l’insertion par le travail pour des personnes en grande précarité, et le cahier des charges de l’agriculture biologique. L

Un centre de maraîchage est créé et emploie des personnes en réinsertion. Deux formules complémentaires : Les paniers de légumes frais que les consommateurs viennent récupérer une fois par semaine sur place ou sur un lieu de dépôt plus près de leur domicile. le marché sur place qui propose les légumes disponibles. Une boutique en ligne permet d’ajuster les commandes et de passer des commandes spéciales.

Les marchés

Dans la plupart des marchés il existe un coin producteurs locaux. Il faut être néanmoins très prudent car comme pour les magasins de producteurs le fait d’être local ne renseigne en rien sur la qualité des produits et le mode de production. Le fait que la ferme se trouve à 3 km ne signifie pas que le produit soit cultivé sans pesticides, sans herbicides ou que les poules ne mangent pas de soja OGM américain.
La plupart des vendeurs de légumes sur un marché sont des forains qui achètent leurs produits au marché gare donc chez un grossiste. Ce ne sont en rien des circuits courts. Pour avoir une petite idée du mode de culture utilisé, il suffit de regarder le prix et la quantité proposée sur l’étal. Grosso modo, plus il est bas et plus il y a de produits différents, plus les produits sont issus d’une agriculture industrielle.
La situation est différente pour les fromages et la viande. Il y a des revendeurs mais on y voit de nombreux producteurs.
Il existe aussi des marchés spécialisés comme les marchés bio et les marchés de producteurs. Certains sont bien répertoriés mais d’autres pas et il faut compter sur le bouche à oreille ou les sites des mairies pour les trouver.
Là aussi il faut faire attention surtout pendant l’été dans les zones touristiques où les vendeurs de certains marchés dits « de producteurs » sont essentiellement des forains ou des revendeurs.

La vente avec un seul intermédiaire

L’intermédiaire se charge de la vente et en supporte les frais (local, salariés, communication etc.) Sa marge oscille entre 15 et 20% du prix de vente (quand les marges de grandes enseignes peuvent atteindre 60 à 80 % pour certains produits bio).

Les magasins de producteurs

Plusieurs producteurs se regroupent pour vendre leurs produits. L’organisation de la vente est propre à chaque magasin mais souvent chaque producteur assure la vente pour un temps déterminé. Ces magasins ne sont donc pas forcément ouverts en permanence. Certains embauchent en plus des salariés pour la vente ou des préparations (découpe de la viande, emballage).
Si le producteur fait également partie des propriétaires du magasin, on peut même considérer qu’il s’agit de vente directe.

La plupart du temps la vente se fait en libre service. Certains ont une boutique en ligne et même une vente de paniers comme la rue des producteurs

Là encore le fait d’être local n’apporte aucune garantie sur la qualité des produits. Certains possèdent une charte affichée dans le magasin qui garantissent certaines méthodes de culture (pas d’OGM, réduction des pesticides etc.) D’autres affichent les méthodes culturales producteur par producteur.Un certain nombre de fermes sont bio mais c’est loin d’être systématique.
Si il n’y a aucune information, il vaut mieux se renseigner sur les techniques de production utilisées. Il vaut peut-être mieux peler vos belles pommes bien rondes et votre porc a peut-être passé toute sa courte vie sur un caillebotis sans sortir une seule fois de la porcherie…

Par contre ce qui est relativement sûr c’est que vos produits n’auront pas traversé toute la France ou l’Europe avant d’atterrir dans votre assiette ! et même si le transport ne représente que 15% de l’énergie utilisée pour produire, c’est toujours ça de pris …

Et l’argent va directement ou presque dans la poche des producteurs !

Plate-formes associatives ou coopératives

Les plateformes sont diverses. Elles peuvent prendre la forme :

  1. d’une distribution de paniers de légumes avec un ou plusieurs points de livraison
  2. d’un magasin sur place en libre service (pour certains produits il peut y avoir plusieurs intermédiaires)
  3. de groupements d’achat
  4. d’une boutique en ligne

Certaines peuvent même être associés à un restaurant ou d’autres boutiques.Ce sont essentiellement des coopératives comme De la ferme au quartier  » à Saint-Étienne ou la super Halle d’Oullins ou alter-conso  » à Lyon.

Les magasins bio spécialisés

Pour le moment seuls les magasins Biocoop ont une politique claire sur leur choix en matière de produits locaux exprimée sur leur site.
Ceci reflète t’il le peu d’importance accordée à ce choix pour les autres magasins?

Il faut dire que l’offre des fournisseurs bio est inférieure à la demande. Beaucoup de produits frais des magasins bios viennent donc d’Allemagne, d’Espagne ou d’Italie.

Les biocoop : D’après le site internet, la charte du réseau Biocoop donne la priorité aux approvisionnements certifiés bio, locaux et de saison. Objectifs : développer la production locale, respecter les cycles de production, limiter les transports et l’impact sur l’environnement. Chaque magasin travaille en direct avec des producteurs ou des transformateurs installés à moins de 150 km routiers du point de vente. C’est parfois jusqu’à 70 et plus fournisseurs locaux qui sont sollicités.

Pour en savoir plus sur leur politique quant aux produits locaux

Des entreprises

Locales comme le chant des saisons. Un entrepreneur établit un réseau de clients et de fournisseurs dans le même bassin alimentaire et organise la vente des produits locaux avec le système des paniers avec points de livraison ou livraison directe à domicile.

Régionales souvent dans des grands centres urbains. Le terme produits locaux est quelque peu galvaudé car pour des produits originaires d’un rayon de 250 à 300km il vaudrait mieux parler de produits régionaux. Mais c’est moins vendeur. Un bon exemple : ma ferme en ville

Pourquoi ne pas parler d’entreprises nationales ? C’est que pour vendre des produits locaux ou en circuits courts ce n’est pas la bonne échelle. Une structure nationale suppose une supra-structure et donc des intermédiaires en plus.

Pour savoir pourquoi le site commercial la ruche qui dit oui n’est pas cité dans cette partie « circuits court et produits locaux » lire cet article. de France info.

Où trouver des produits locaux dans la Loire ?

Pour avoir une vision globale des différents points de vente en circuits courts dans la Loire et ses alentours : carte des circuits courts dans la Loire crée lors de l’épisode du COVID 19 .

La fédération d’agriculteurs bio (ARDAB) publie un guide des fermes en vente directe. Télécharger le guide bio de la LOIRE

Ce guide, édité chaque année par l’ARDAB, vous donne toutes les bonnes adresses où vous procurer des produits issus de l’agriculture biologique locale.
Vous pourrez y trouver toute la gamme de produits locaux issus des exploitations biologiques du Rhône et de la Loire : fruits et légumes de saison, produits laitiers, viande… de quoi réaliser tous vos repas bio ! Le guide répertorie encore et toujours plus de bonnes adresses de producteurs biologiques ainsi que les marchés bio du Rhône et de la Loire.
En plus des agriculteurs, vous y retrouverez tous les autres types de distributeurs certifiés Agriculture Biologique : entreprises de transformation (boulangers, bouchers…), paniers, restaurateurs et traiteurs…

Le conseil départemental de la Loire a également un inventaire.

Les marchés bio

Suite à la fermeture de tous les marchés de plein vent le marché bio Albert Thomas de Saint Étienne s’est organisé et propose à ses clients un outil collaboratif sous la forme d’un site. : http://marche-albert-thomas.fr/

Ce site vous permet malgré le confinement de continuer à contacter et à passer commande aux producteurs locaux qui exposent habituellement sur le marché Albert-Thomas les vendredis et samedis matins à Saint-Etienne.

Les Amap

On en compte 24 dont la plupart font partie du réseau de la Loire. Sur leur site vous trouverez une carte et leurs différentes coordonnées ainsi que tous les renseignements nécessaires. Selon les AMAP le nombre de producteurs varie et le système de contrat aussi (paniers, commandes, crédit etc. )

Les magasins de producteurs

Ils sont nombreux dans la Loire. Trouver un magasin. Attention ils ne sont pas forcément ouverts tous les jours et toute la journée.

Les plateformes

De la ferme au quartier » est un système de vente en circuit court « consommateurs-producteurs » . Y sont proposés des produits locaux et des produits plus lointains grâce à une centrale d’achats. Elle propose des paniers, des groupements d’achat, des produits en magasin et une boutique en ligne.

Pour en savoir plus sur l’association et son fonctionnement.
Pour voir les produits proposés.

Les 2 réseaux de Cocagne

le Jardin de Valériane

La plus grande partie des légumes cultivés par le Jardin de Valériane se vend directement et localement à un réseau d’adhérents-consommateurs sous forme de paniers hebdomadaires. Les adhérents récupèrent leur panier directement au Jardin ou dans l’un des points de dépôt proche de leur domicile. Mais on peut également commander par internet. Le jardin se situe vers Rive de Gier, en dessous de Farnay.

Les jardins d’Oasis

OASIS jardin de Cocagne créé en 2001, est un Atelier Chantier d’Insertion (ACI) fédéré au Réseau Cocagne, dont le cahier des charges est l’agriculture biologique à vocation d’insertion sociale et professionnelle. Il se situe à Saint Just Saint Rambert, Loire.

Oasis est en même temps un palier pour l’Emploi et une production de légumes locaux et biologiques !

Oasis permet à des personnes en difficulté sociale (une vingtaine par an), professionnelle ou personnelle de retrouver le chemin de l’emploi. Le contrat de travail proposé dans le domaine du maraîchage biologique est un réel tremplin. Il leur permet de retrouver une vie professionnelle à l’issue de 6 à 24 mois passés dans l’Association.
Les légumes sont produits par les jardiniers sur 6ha de terrain. Ils sont ensuite vendus aux 320 familles adhérentes.

Privilégier la qualité

Manger des produits de saison

On appelle produits de saison les produits qui arrivent naturellement à maturité à un moment donné dans une région donnée.

A quoi reconnaît-on des produits de qualité ? Les grandes surfaces répondraient : de beaux produits. Hélas l’habit ne fait pas le moine. Il suffit de goûter une tomate de serre en janvier et une tomate ancienne du jardin d’été pour faire la différence. Depuis la standardisation des légumes demandée par la grande distribution, l’INRAE a beaucoup travaillé pour sélectionner des variétés qui se conservent bien, supportent les voyages et se rangent facilement dans les cagettes. Les qualités gustatives ( qui donnent un bon goût ) et les qualités nutritives ( les éléments nutritifs qui constituent le produit ) n’étaient pas, à l’époque, considérées comme prioritaires.

Les raisons pour consommer prioritairement ces produits sont nombreuses :

Leur goût

C’est là que leur goût est le meilleur. Les légumes sont plus tendres et les fruits plus sucrés. Le goût d’une fraise espagnole qui arrive en avril n’a rien à voir avec une mara des bois cueillie en pleine maturité en juin. Les différentes variétés arrivant généralement à maturité les unes après les autres la consommation du même fruit ou du même légume peut durer un certain temps.

Les qualités nutritives

Dès qu’un fruit ou un légume est récolté il commence à perdre de ses qualités notamment de ses vitamines et ses minéraux. Un produit de saison local cueilli à point jouira du maximum de vitamines et du minimum de transport.

Les produits qui viennent de loin doivent être cueillis avant d’arriver à maturité pour pouvoir supporter le transport par bateau. Ils murissent donc dans les frigos ou chambres froides où ils sont conservés et ne peuvent avoir les qualités nutritionnelles et gustatives des produits frais cueillis à maturité. Certains ont également besoin de traitements chimiques supplémentaires pour aider à la conservation.

Le prix

Les produits de saison sont généralement moins chers car ils requièrent moins d’énergie aussi bien pour leur production que pour le transport. Par contre le prix des produits de saison locaux peut être supérieur à celui de produits venus de l’étranger cultivés par de grandes entreprises industrielles. La différence provient des standards sociaux très bas (travailleurs immigrés, salaires très bas) et de la basse qualité nutritive des variétés cultivées.

Le prix des produits locaux notamment bio visent à rémunérer le travail des paysans à sa juste valeur. Il intègre également le coût d’une productivité moindre liée à une agriculture sans pesticides ni herbicides.

La préservation de l’environnement

Pour produire hors saison il n’y a que deux possibilités :

  • faire venir les produits de régions du monde où ils poussent naturellement à ce moment-là (ex : pommes d’Amérique du sud pendant l’été). Les produits les plus lointains sont transportés par avion (le plus gourmand en énergie) ou par bateau.
    Ils sont également acheminés par les nombreux camions qui encombrent les routes et autoroutes et provoquent moults embouteillages et accidents.
    Selon l’Ademe, un quart de l’empreinte carbone des Français est liée à l’alimentation. Sans parler de la pollution que cette noria de véhicules engendre.
  • cultiver sur place en utilisant des techniques de culture adaptées : serres chauffées etc. La culture sous serre peut nécessiter jusqu’à neuf fois plus d’énergie qu’une production en plein champ ( chauffage, ventilation, lumières artificielles…) selon la production.
    Par exemple, selon l’INRAE les tomates cultivées sous serres nécessitent 4,5 fois plus d’intrants et d’énergie que des tomates plein champ. Ce qui fut l’occasion d’une belle bagarre autour de l’autorisation de serres pour les tomates bio entre producteurs bios et producteurs de bio industriel en Bretagne.

D’autre part avec le développement des nouvelles technologies il est fort probable que votre fraise ou votre mâche ait été cultivée hors sol sans avoir jamais eu de contact direct avec la terre ou le soleil.

Si vous n’avez aucune idée de ce que vous pouvez consommer aujourd’hui selon les saisons, voici plusieurs sites à consulter:

Le site mescoursespourlaplanète vous présente un calendrier synthétique mois par mois des légumes et fruits téléchargeable en version pdf.

Le site de Consoglobe vous présente mois par mois non seulement fruits et légumes mais également fromages, viandes et poissons.

Le site fruits-légumes est très complet et comprend les produits exotiques. Il vous permet de choisir un produit et de connaître sa disponibilité selon les mois de l’année en cliquant dessus.

Et un petit calendrier pour avoir une idée rapide de la question.

Manger bio

D’après l’INSEE, l’alimentation représentait environ 30% dans le budget moyen d’une famille en 1960. En 2014 il n’est plus que de 20% et peut même descendre à 12 % dans certaines familles. L’objectif de l’agro-industrie née après la guerre est de fournir les produits les moins chers possibles en utilisant les méthodes ayant fait leurs preuves dans l’industrie. La qualité des produits et le niveau de vie des paysans ou des ouvriers agricoles ne rentrent pas en ligne de compte.

En moyenne et en fonction des modes de commercialisation, on estime que les produits bio présentent un prix de 20 % à 30 % plus cher que leurs homologues non bio.

Les scientifiques ayant travaillé sur l’enquête BioNutrinet ont estimé le surcoût d’une alimentation 100% bio à 90 centimes d’euro par jour et par personne. Ce qui revient en gros à 27€ par mois mais quand même à 108 € par mois pour une famille de 4 personnes. Ce qui n’est pas rien pour un petit budget.

Mais ceci est une moyenne car on peut faire baisser son budget alimentaire bio si on respecte les conseils suivants :

On change son régime alimentaire

Manger bio suppose des choix alimentaires différents. Certes le pain bis est plus cher mais il est également beaucoup plus nourrissant.

On n’achète pas n’importe où

Les grandes surfaces s’en mettent plein les poches.
Les magasins bio offrent une alternative mais Les circuits courts sont recommandés.

On fait attention aux prix

Acheter en vrac